L'Illustré (lettre publiée le 15/1/1997)
Genève, le 22 décembre 1996
Monsieur le rédacteur,
 
C'est sur la demande expresse de la Présidente de l'Association végétarienne romande, Mme. Isabel Nerny (19, rue du Perron) que je vous transmets la mise au point suivante, dans le cadre des opinions des lecteurs concernant votre article "Végétariens à la page" (L'Illustré n°47) et la réaction de M. Erik Verkoyen (p. 92 du n° 51).
 
L'Association végétarienne romande, comme toutes les autres associations végétariennes du monde, définit très clairement le végétarisme par l'exclusion de tous les corps d'animaux morts (vertébrés ou invertébrés). Le poisson et la volaille font partie de la "viande" dans son sens large et originel.
 
Si de nombreuses personnes (comme ce M. Verkoyen) croient que le poisson est autorisé pour un végétarien, c'est vraisemblablement par confusion avec l'interdit traditionnel de la religion catholique, qui admettait le poisson pour le jeûne rituel du vendredi.
 
Le végétarisme moderne n'a aucun rapport avec cette tradition et est défini très clairement dans de nombreux ouvrages spécialisés, qu'il serait trop long de citer ici. Pour vous citer une définition récente, je prendrai "Le Quotidien du Médecin", qui écrit ceci: "Le végétarisme exclut les produits d'origine animale (abats, viande, poisson) à l'exception des oeufs et du lait." (in revue "Optima", septembre 1996, p. 43).
 
Nous considérons en effet que les oeufs et le lait sont des sous-produits pour lesquels on ne tue pas l'animal (le caviar n'entre donc pas dans cette catégorie). Cette définition est vraiment très simple et très claire. Notre association ne considère pas les non-mangeurs de viande rouge (comme M. Verkoyen) comme des végétariens.
 
Il n'existe pas de "végétariens purs et durs, donc sectaires" et des "végétariens cools, mangeant de temps en temps des animaux" mais des végétariens et des non-végétariens. Pourquoi certains veulent-ils absolument se targuer de la qualité de "végétariens"? Cela nous échappe et nous révolte. Nous refusons cet amalgame "végétarisme=poisson" qui semble entretenu par les restaurateurs et par les chaînes alimentaires (comme la Coop suisse) pour des raisons commerciales évidentes.
 
Avec mes remerciements pour votre compréhension, je vous prie d'agréer, Monsieur le rédacteur, l'assurance de ma considération. p.o. Association végétarienne romande Denis Bloud
(http://www.geocities.com/Paris/LeftBank/1907)
A propos, votre adresse "illustre@ringier.ch" ne fonctionne pas. cc - Mme I. Nerny (Association végétarienne romande) - 19, rue du Perron - 1204 Genève